27 août 2026 0h07

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Inauguration de la place du 19 mars 1962 à Cruzilles-lès-Mépillat le 11 avril 2026

C’est le premier événement depuis l’élection municipale pour le maire Dominique Boyer et son équipe, le samedi 11 avril a été inaugurée à Cruzilles la place du 19 mars 1962. La place était existante mais ne portait pas de nom, généralement les habitants l’appelaient le parking de la mairie. Avec l’accord de la section locale de la FNACA, ce nom plusieurs fois évoqué depuis plusieurs années a enfin été donné de façon très solennelle afin de perpétuer le devoir de mémoire d’une guerre qui ne disait pas son nom, mais dont la vraie nature a été officiellement reconnue depuis une vingtaine d’années seulement.

En présence des présidents de différents comités de la FNACA : communal, cantonal et départemental, des anciens combattants, des porte-drapeaux et des habitants de Cruzilles, une cérémonie émouvante a eu lieu le samedi 11 avril à Cruzilles afin de nommer officiellement la place située devant la mairie « place du 19 mars 1962 ». Cette date marque la fin des combats en Algérie. Les différents intervenants : anciens combattants et élus, ont rappelé dans leurs discours combien cet événement douloureux de notre histoire est resté trop longtemps sous silence.

Cette guerre qui n’en avait pas le nom s’est appelée « évènements » ou « pacification ». En réalité il s’agissait d’une guerre sur le sol français contre des français, et par conséquent elle est restée innommable pendant de longues années, jusqu’en 1999 où le mot « guerre » a été reconnu officiellement, puis en 2012, la journée du 19 mars a été instaurée en tant que journée nationale de la mémoire. Pourtant ce sont 3 millions d’appelés français qui ont traversé la Méditerranée à partir de 1956, parmi eux 30 000 ont trouvé la mort en Algérie et 250 000 sont revenus blessés. A cela il faut ajouter la tragédie vécue par les Harkis, ces français musulmans d’origine algérienne qui ont choisi de combattre du côté des français et le drame des rapatriés qui sont arrivés en France en laissant tout derrière eux.

Quand les jeunes appelés sont rentrés chez eux, ils se sont tus, par honte, par peur. La censure s’est appliquée à nier ces événements ce qui n’encourageait pas les témoignages. Par conséquent, c’est aujourd’hui une mémoire difficile à transmette ce qui rend d’autant plus important cet événement à Cruzilles. Comme l’a dit le maire Dominique Boyer : « Je souhaite que les enfants qui liront le nom de cette place se posent la question de cette date et de ce qu’elle signifie. »

Ce choix a été évoqué à plusieurs reprises depuis 1997 sur la commune et a donné lieu à quelques débats internes, mais l’essentiel était ce temps d’inauguration fédérateur autour de ce nom qui servira à ne pas oublier et transmettre une mémoire indispensable, le contexte mondial n’étant pas encore à la paix.

Article de notre correspondante Hélène Anglésio

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